L’exercice des repères biographiques, sans doute un peu vain, a le mérite de remettre un semblant  d’ordre  dans  le  grand  capharnaüm  des  dates  et  des  lieux,  et  de  répondre  à  la  question  souvent posée lors d’une première rencontre : d’où venez-vous ? Cela ressemble aussi à un tombeau, comme une façon de préparer son propre discours funèbre. Voici quand même…

 
Lionel Naissance à Clermont-Ferrand, puis départ rapide pour Argenton-sur-Creuse. Père responsable de développement d'échangeurs thermiques, venu de Magione en Italie à l'âge de trois ans ; mère attachée d'intendance, originaire de Haute-Savoie (Samoëns) et du Gard. Premiers souvenirs de fossés, de vallons, de voyages, de jardins et de chats. Enfance heureuse à Ferney, près de Genève, marquée par les visites au Muséum d’Histoire Naturelle et au Musée d’Ethnographie ainsi que par les randonnées en montagne. Explore le parc du Lycée international en écrivant des poèmes sur les chouettes. Premiers chats, premiers rêves érémitiques, premières lectures passionnées (London, Verne, Frison-Roche, Stevenson…).

Déménagement à Chambéry en Savoie et lecture compulsive autant que précoce des grands romanciers du XIXe (Hugo, Balzac, Zola, Stendhal, Flaubert, Dostoïevski…) et découverte éblouie de Giono. Douze ans est l’année de l’éveil. Choc à l’écoute des disques de Jean Vasca Le Grand Sortir et Midi, puis rencontre de l’auteur-compositeur-interprète au Printemps de Bourges. Découverte de Kenneth White et de la littérature japonaise (Bashô, Buson et Ryokan, Nagaï Kafû, Sôseki et Kawabata, Kamo no Chômei…). Termine un premier manuscrit sobrement intitulé : Nord-sud-est-ouest, visions et images.

Les parents ayant par ailleurs fondé à Chambéry une association dédiée à la « chanson vivante », assiste à de nombreux spectacles de Jean Vasca, Jacques Bertin, Jean Guidoni, Claude Nougaro, Léo Ferré, Louis Arti, Catherine Ribeiro, Annkrist, Michèle Bernard, Colette Magny, Angélique Ionatos, Barbara, Anne Sylvestre… Par ailleurs, cinéphilie intense (Antonioni, Visconti, Bergman, Tarkovski, Ozu, Satyajit Ray, Cassavetes…) et lecture éperdue de Proust, Thomas Mann et Kafka. Diverses tentatives d’écriture.
 
LionelEtudes de lettres à Lyon. Découverte de Jean Follain, Jacques Réda, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Jean-Pierre Abraham, Nicolas Bouvier. Après une période de repli, renoue avec le monde extérieur, en Savoie, en Bretagne, en Écosse. Rencontre l’artiste-peintre bretonne Laurence Sibille — un premier livre en commun parait aux éditions Mutine, D’un hiver à un autre.

Rencontre Kenneth White, Nicolas Bouvier, Jean Morisset. Fonde et anime, avec Yvan Dendievel, l’Atelier géopoétique du Rhône, qui organise des marches urbaines, des conférences, des rencontres dans différents lieux porteurs (notamment plusieurs jours de pratique du haïku en Vanoise).

Découverte de la pratique de la méditation dans le cadre du Zen. Séjour solitaire, automnal et refondateur dans un chalet d’alpages, qui donnera lieu au livre Le grillon de l’automne. Épouse Nathalie. Rédige avec elle pour le C.O.R.A.-Rhône un livret pédagogique sur les oiseaux en milieu urbain. Se passionne pour l’ornithologie. Première année d’enseignement au lycée de Saint-Priest. Voyage dans le grand erg oriental au sud de la Tunisie.
GuyaneAnnées vertes d’un long séjour en Guyane, d’abord dans le petit bourg de Maripasoula à la frontière guyano-surinamaise, puis à Balata près de Matoury et à Rémire-Montjoly : ces trois lieux seront évoqués dans les trois parties de L’éloignement. Première publication de Le grillon de l’automne. Abandonne l’idée d’écrire des livres, mais continue à accumuler les notes (on ne sait jamais). Rencontre un jeune amérindien palikour, qui deviendra le personnage d’Éliton dans L’éloignement. Période de crise. N’osant plus écrire, passe l’agrégation de lettres et en profite, entre autres, pour relire Leiris. Voyages au Brésil, en Écosse. Naissance de Léo à Cayenne.
LionelRetour vers la montagne, installation dans un hameau savoyard. Mort des grands-parents italiens (2010, 2013). Séjours heureux à Venise, en Bretagne, sur l’île de Madère. Maladie de la mère et naissance de Clément à Chambéry. Longue période de retraites et d’étude du bouddhisme. Se détourne décidément de l’écriture, jusqu’au choc d’une rencontre avec le poète Vahé Godel, à Genève, en janvier 2012, sous la houlette de Fabrice Midal, qui l'y ramène.

Dans les combles de la maison écrit L’éloignement. Séjours en Dordogne ; se passionne pour l’art des grottes. Participe un temps aux activités du nouvel atelier géopoétique du Rhône ainsi qu’à un colloque de l’institut international de géopoétique consacré à la ville (communication sur Jacques Réda), avant une franche rupture avec Kenneth White. Découvre avec enthousiasme l'accordéon de concert, qui devient peu à peu une pratique à part entière.

Mort de la mère le 14/7/2014. Ouverture du site « Traces », publication d’une nouvelle version du Grillon de l’automne aux éditions Livres du Monde et de L’éloignement aux éditions Mutine. Passé le temps du retrait et des retraites, se sent prêt à assumer pleinement son « écrivanité »...
La Rochette mai 2017Poursuit ses activités d'écrivain-professeur et de musicien amateur, en donnant ici ou là des lectures et en développant le présent site-Atelier. Parution, en juin 2016 aux éditions de L'Harmattan, de Ville et géopoétique, ouvrage collectif reprenant une communication sur Jacques Réda.  La route ordinaire (Savoie-Isère, Journal de la D207) parait en mars 2017 aux éditions Livres du monde, et donne lieu à une lecture musicale présentée dans divers lieux avec Léo à l'accordéon. Une collaboration de deux années avec le graveur poitevins Jérôme Bouchard et certaine petite catastrophe intime donnent lieu à un nouveau livre, Journal d'une plante carnivore (à paraître). Dans la cellule de la Cave aménagée en salon de musique, tente de maintenir un cap en écrivant et en continuant la musique, accordéon et saxophones. Rêve d'un nouveau printemps.