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MUSÉE NATIONAL DE LA CATALOGNE

 

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Pourquoi l'art roman ou celui des tous débuts de la Renaissance touche-t-il à ce point alors que ce qui suit nous laisse indifférent ? On se promène dans cette salle où sont préservées les fresques et les retables les plus précieux avec un émerveillement presque comparable à celui qu'on a pu connaître dans certaines grottes. Il n’y a pourtant là que des représentations de saints et d'anges, aucun animal, aucun élément renvoyant au paysage, mais seulement les messages ressassés d’une mythologie qu’on ne connaît presque plus et qui ne devrait plus rien nous dire.

Il semble que ladite mythologie était en ce temps-là encore bien vivante, et que quelque chose de cette vie passe encore, passe quand même dans l'enclos du Musée National de la Catalogne − quelque chose qui dépasse l'affirmation d'une identité et fait oublier l'aspect monumental du bâtiment. Une divine fraîcheur des coloris (ces rouges, ces bleus…), une liberté anonyme − là où les œuvres ultérieures semblent enfermées dans des noms, des façons trop particulières. À côté, les œuvres modernes − même et surtout ce Picasso jaune si célèbre et qui m’indiffère complètement − paraissent soudain bien vaines, malgré (ou à cause de) toute leur virtuosité.

 

25 octobre 2014