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LA PLAGE (1) : fête solaire

 

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La plage de Barceloneta au soleil déclinant : ces couleurs chaudes qui dorent les peaux; les rires des enfants; le ballet des vendeurs de cervesa, massages, paréos, etc.; les ombres qui s'allongent; les pigeons qui déambulent sur le sable grossier en dodelinant de la tête...

Les souvenirs de cette journée presque déjà passée viennent s'échouer ici : le musée Picasso − qui intéresse sans toucher −, le Palais de la Musique Catalane où on retournera ce soir pour un spectacle de flamenco, le pique-nique de tortillas pris vaille que vaille devant le Palais de la Musique, les images de Barcelone en cette fin d'octobre.

Une gerbe de poissons argentés irise l'eau lisse, vite repérée par les goélands. Le soleil couchant rend belle cette plage urbaine cernée par les immeubles, et beaux les gens assemblés ici face à la mer, dos au soleil.

Soudain il fait plus chaud, un bref instant qui semble se prolonger comme en écho aux éclats de juillet ; puis le soleil disparaît derrière le téléphérique, et l'enfant frissonne. Toute une moitié de la plage est à l'ombre. À mesure que le soir gagne chacun se lève et plie bagage ; c'est donc bien quelque chose comme une fête solaire qui se jouait ici. Les plus jeunes, les enfants, quelques adolescents, ou bien ceux qui se tiennent plus loin au large sur des planches encore dans la lumière, font comme si de rien n'était, tentent de prolonger le jeu, rient, plongent et courent encore. Le crépuscule aura raison d'eux, et la plage ne sera bientôt plus arpentée que par quelques grappes de noctambules, pour une fête lunaire cette fois.

  

21 octobre 2014