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DANS LE CREUX D’UN JEUDI ORDINAIRE

 

 

Dans le creux d’un jeudi ordinaire –, dans le vague, le terne et les éclats brefs de septembre –, cognant contre les vitres comme cette mouche folle –, stagnant entre deux ciels comme ces pans de brume –, me laisse aller, tout laisse aller.

 

Les collégiens aussi s’en vont, sautant, riant, en grand silence derrière la vitre close. Ils partent en direction du lac et bientôt, ne reste que l’automne. Un geai qui file. Une voiture. Le temps qui palpite à nos tempes.

 

Sous le grand tilleul au faîte jaunissant survient une jeune femme blonde tout habillée de blanc, qui marche en plein soleil en portant son bébé. Elle s’avance, elle hésite, fait demi-tour et comme une actrice qui aurait terminé son numéro, disparaît en coulisse.

 

Dans la combe chacun s’affaire, apparaît, disparaît, trois petits tours, trois petits pas de danse, un sourire, un rire peut-être, un éclat, et s’en va. La neige est encore loin mais à cause des fenêtres fermées on pressent déjà, comme déposé sur tout le paysage, son silence à venir.

 

En l’attendant repose, repose-toi encore dans la tiédeur de septembre, pose ta tête sur l’épaule de la montagne qui t’accueille, et que le silence même te doit doux. Ne tremble pas plus que nécessaire, pas plus que le bouleau sous la brise claire en les plis de laquelle, éclat bref comme toi et comme tout ce qui vit, un papillon blanc passe aussi, mi-dansant, mi-hésitant...

 

18 septembre 2014