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LA DERNIÈRE MARCHE

 

 

On s'apprête à franchir, tout au bout du bel escalier de l'été en allé, la dernière marche ; autrement dit on monte en ahanant en direction du Lac aux Grenouilles, père et fils réunis.

Air vif, sec, limpide, temps lumineux, retrouvailles heureuses avec les criquets bleus et le parfum fort des rhodos.

Léo, malade, marche quand même…

Le vent et le brouillard cernent le chalet de l’Arbaretan, où l’on se réfugie. Un groupe de chasseurs sympathiques évoque les meilleurs souvenirs de tueries : coqs de bruyères, sangliers, chamois, chevreuils, et jusqu’aux grenouilles du lac… Maintenant ce n’est pas comme dans l’temps, y a plus rien ; la faute au loup…

Je regarde filer la brume pendant que Léo se repose à l’intérieur sur l’un des lits, sous les combles. Le vent tournant ballotte le filet de fumée qui s’échappe de la cheminée. Cri d’une marmotte. Écho assourdi des voix. Bruit d’eau de la fontaine.

La dernière montée. La Croix. Le cairn.

Voilà, la dernière marche est franchie…

 

28 août 2011

 

 

© Lionel Seppoloni, tous droits réservés.