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COMME UN RÊVE

  

Bientôt minuit. Orage, éclairs, tonnerre. Cette année encore, ce soir encore on devise avec ma grand-mère. On parle du cancer, des traitements, du passé, de ce qui reste comme futur. La maladie n'a rien changé dit-elle. C'est vrai. Elle vit sa vie de la même façon. Au moins fait-elle montre d'une lucidité saine et parfois cruelle. On bavarde donc paisiblement pendant que la pluie balaye la rue Parmentier et que le tonnerre gronde.

Dans la chambre occupée autrefois par Lorette, puis mes parents, nous voici installés avec Clément (qui dort comme un Jésus crucifié). Léo, lui, occupe ce qui fut ma chambre. Beaucoup de souvenirs, beaucoup de bienveillants revenants restent là, à tourner autour de nous, embusqués, protecteurs, fragiles, conscients de n'être rien de plus que les silhouettes floues d'un rêve qui s'efface bientôt, lorsque le rêveur sera lui-même reparti.

 

Montluçon, 11 juillet 2011