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JOURNÉE ROUGE

 

 

Chaleur. Brûlure. Pas d'air. On ouvre la maison, et c'est comme si l'on était encore plus enfermé. Dans sa chambre l'enfant souffre (une angine rouge a dit la doctoresse). Au soir tombé son frère ne trouve pas non plus le sommeil. Une brise fine descend des crêtes, mais toute la maison brûle encore dans la chaleur de l'été, que la nuit peu à peu apaise. On entend mille grillons, le concert des clarines et la clameur des merles. Demain encore on n’ira pas à l'école à cause de l'angine. 

Voici venu le temps de la grande vacance. Liberté, libre été, mais sous surveillance, provisoire et conditionnelle, conditionnée à certains gestes d’une incertaine vigilance, au guet, aux feuilles noircies, aux feuilles froissées qu’on offre au frère rougequeue qui, comme chaque été, a bien le dernier mot — papier froissé.

 

lundi 17 juin 2013