AVERSE D’AUTOMNE

 

 

L’averse. 

La longue journée, longue nuit d’averse. 

L’eau qui déborde et finalement envahit le sous-sol. 

Le village cependant se rassemble sous le grand hangar pour dire au revoir à David. Une ampoule éclate. Crô la Corneille surveille la scène. Les enfants, trempés, se poursuivent en criant. C’est l’automne. R. me raconte qu’il a d’abord été maître de classe, mais qu’il avait préféré abandonner ce métier pour un autre plus manuel. Son ambition : pouvoir, à quatre-vingts ans, couper encore et ramener sur son tracteur un très grand sapin ! Il fabriquera lui-même, à sa guise, son propre cercueil ; mais il n’est pas pressé, il lui faut d’abord remettre en état une vieille moto, une vieille auto… Pour le cercueil, on verra bien ; il n’a jamais été du genre à s’inquiéter de l’après… Il sourit avec la candeur, la fraîcheur d’un enfant. David finit par nous jouer en anglais un petit sketch que personne ne comprend, mais qui fait rire quand même à cause de son accent outré.

C’est l’automne. Le hangar bientôt restera éteint la nuit.

C’est l’automne et la chasse est ouverte : les bêtes s’affolent, les hommes en orange patrouillent le long des chemins.

Puisse la pluie brouiller la vue, effacer les traces, gêner ne serait-ce qu’un peu la chasse…

Puisse l’automne rester doux, comme est douce la mélodie de la pluie sur le toit de tôle…

 

8 septembre 2013