COURT-CIRCUIT

 

 

 

D’abord on a cru à un court-circuit à cause de ce flash blanc qui avait illuminé la pièce ; le fracas qui a suivi a rétorqué : l’orage.

Je me poste à la fenêtre pendant que les premières gouttes criblent la fenêtre de toit. Le soir tombe. Les grillons stridulent continûment mais la rumeur du vent commence à s’en mêler. Une chaise tombe, que personne ne ramasse. Un souffle froid pénètre la pièce. Un gros 4x4 rouge remonte la route, et l’on voit à la lueur des phares que tout est trempé.

Grondements lointains ; cliquetis ; les fougères plient, les bouleaux frissonnent.

Heureuse ou peut-être jalouse de cette place inhabituelle (car j’ai installé mon fauteuil tout contre la fenêtre) la chatte se frotte à mon pied, mordille mes orteils, se hisse sur mes genoux et finalement s’y installe, prenant la place du texte que je tentais d’écrire (c’est là un comportement très ordinaire chez le chat, avec lequel l’écrivain félophile se doit de composer…).

La pluie glisse sur la fenêtre.

Fracas. Ça s’agite du côté du tilleul, ça balance au sommet des sapins. On pressent quelque chose de violent, qui ne vient pas. Éclairs au loin. Grand calme. Rumeur de la rivière. Les grillons stridulent continûment. Il fait simplement un peu froid, et l’on n’y voit plus goutte…

 

25 juillet 2014