ENTRE DEUX RÊVES

 

Encore un rêve de maison – ni en flammes, ni en ruines, mais tout de même assez vétuste, assez misérable, une sorte de grande grange ouverte à tous les vents et où tout reste à faire. Je dis mon désir de construire une véranda pour isoler l’entrée et accumuler autant que faire se peut la chaleur du soleil, mais ma mère me répond assez sévèrement que c’est une idée parfaitement stupide. Je me retire alors dans ma chambre et éteins la lumière comme un enfant vexé qui attend qu’on vienne ensuite le consoler. Mais personne ne vient. Je regarde sous la porte un interstice de lumière, qui est en fait celle de l’aube qui passe sous le store de la fenêtre de toit. 

Le temps a changé. Encore. N’arrête pas. La neige annoncée est bien venue, qui a recouvert à nouveau le toit, et que je regarde encore tomber interminablement. À mesure que la neige s’accumule les chats prennent position, comme moi, au plus près des radiateurs et des fenêtres. On s’enfonce dans la somnolence.

 

21 février 2015