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NOCTURNE

 

Dernier soir de février. Seul dans la maison, assis à la table du bureau, je prends soudain en horreur les mots que j’ai commencé à écrire. J’efface tout. Je reprends l’accordéon et joue encore et toujours la chaconne de Pachelbel. Je décide, en guise de dernière page et pour remplacer celle que j’ai effacée, de me filmer. Pour garder trace. 

Il est minuit. Je règle la mise en scène, les lumières, le cadrage, et j'offre aux fantômes ce concerto nocturne. Parfois reviennent en tête des images (sombres), un visage (fatigué), des mots (désolants) ; je me replonge dans les notes avec le sentiment que ces ombres qui nous happent, nous écoutent aussi.

Au dehors : la nuit, la nuit, la nuit.

28 février 2015

 

 

© Lionel Seppoloni, tous droits réservés.