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EMBUSQUÉ

 

Nuageseptembre2016

 

L'enfant court sous le grand érable du carrefour et s'exclame : « Les feuilles ! Les feuilles ! »

Il y a de grands nuages et beaucoup de lumière encore, mais elle dure moins et elle aveugle moins. Le temps passe à travers les feuillages. De temps à autre un coup de feu, le chuintement d'un rougequeue, et si l'on est patient le brame tout proche d’un cerf. (Remontant le long les chasseurs cherchent celui qu'ils ont blessé et qui, sans doute, agonise quelque part.)

L’enfant court et m’annonce les nouvelles du jour : « Tu sais, on ne voit plus les hirondelles… »

L’enfant court et l’on court derrière lui, devant lui, avec lui mais toujours dépassé. Parfois on s'arrête et l'on s'accoude au chambranle. Le désir de dire reste embusqué au fond du paysage ; on le protège comme une braise – on trace en hâte ces quelques lignes pour souffler.

 

29 septembre 2016

 

 

 © Lionel Seppoloni, tous droits réservés.