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SANS SOMBRER

 

Vigiefévrier201703

 


C’est une toute petite plage de silence et de musique, de chaleur et de grisaille : au-dehors la bruine trace ses traits gris le long des tôles ondulées du hangar et orne les lilas nus de perles froides ; au-dedans je dérive, adossé à l’indispensable théière ainsi qu'à la lampe rouge qui est mon phare.

J’écoute Kind of blue de Miles Davis (et Coltrane). «En jouant de cette façon, dit-il, on pourrait ne jamais s’arrêter. Plus besoin de se soucier des grilles, et le temps est mieux exploité. Ça devient un défi: on essaie d’aller le plus loin possible sur le plan mélodique… Je pense qu’un mouvement est en train de naître dans le jazz ; nous nous éloignons de la suite d’accords traditionnelle, et nous mettons l’accent sur la mélodie plutôt que sur les variations harmoniques. Il y aura moins d’accords, mais ces accords nous offriront une infinité de possibilités.»

Je voudrais que cela ne s’arrête jamais, que chaque seconde divinement exploitée s’ouvre de l’intérieur sur une infinité de possibilités réellement vécues en lesquelles on s’aventurerait sans sombrer.


3 février 2017

 

25/02/2017 - La route ordinaire