LA LUMIÈRE

 

Vigieavril201803

 

Après de longs mois passés exclusivement dans ma Cave, je réintègre le bureau de sous les Combles, qui fut salle de méditation, lieu de l’écriture au temps béni où je me consacrais essentiellement au spectacle toujours changeant de ma fenêtre de toit, salon de musique, chambre conjugale même, et qui n’était plus qu’une pièce fermée qui prenait la poussière.

 

Comme tout ici est lumineux, et comme est bonne cette lumière…

 

Passé un long moment à faire le ménage, astiquant les vitres et le sol, dépoussiérant la bibliothèque, nettoyant avec soin l’autel où trône le grand Bouddha doré délaissé qui garde désormais dans son bol de mendiant mon anneau de mariage. Retrouvé ici trois dents de lait, là de vieilles images presque oubliées, ou ces graines piquantes ramenées de Madère et qui s’accrochent aux vêtements aussi sûrement qu’un souvenir.

 

À présent me voici installé à nouveau dans cette pièce chaleureuse, riche de tant de richesses inutiles, pauvre de n’avoir personne avec qui les partager − si ce n’est la hulotte, qui n’en a cure, les chauves-souris qui ne s’intéressent qu’aux insectes autour du réverbère, ou les chats qui ne pensent qu’à dormir.

 

Ne penser qu’à dormir semble une bonne stratégie.

 

Tango d'avril