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La marche au pied

 

 

Vigieavril202104

 

 

Ciel blanc éblouissant, prés vert pâle, une petite brise ni fraîche ni tiède agite un peu les herbes et fait trembler le poil du chien. On avance aujourd’hui à pas lent mais régulier, car on travaille la marche au pied, avec un certain succès car Rimski a compris ce qu’on attend de lui et se plie sans trop rechigner à ce qui n’est sans doute à ses yeux qu’un caprice parce qu’il sait qu’il obtient en échange le plaisir d’aller creuser un trou dans la terre noire retournée par les sangliers et puis, in fine, quand nous serons arrivés au grand pré (après avoir soigneusement évité de s’approcher de la maison du voisin territorial qui, l’autre jour, était allé jusqu’à siffler le chien pour avoir le plaisir de nous envoyer paître une nouvelle fois), ce moment où l’on dit « liberté », où l’on enlève la laisse et où il est possible de courir, de renifler, de zigzaguer tout son saoul.

Je m’assois au centre du pré, attentif à toute approche de bipède ou d’animal (à l’arrivée un renard s’est enfui), prêt à le rappeler et à le remettre en laisse, mais pourtant détendu car je commence à le connaître et à lui faire confiance.

Cela n’empêche pas, bien au contraire, de savourer tous les chants du printemps, les couleurs tendres des jeunes coucous, le rose profond des orchidées, l’insouciance du moment.

Rimski vient se coucher près de moi et mastique le bout de bois clair que je lui ai donné comme s’il s’agissait d’un os.

Le soleil soudain passe à travers les nuages.

Tout éblouit.