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Philippe Jaccottet

 

 

C’est en ce mois de Février où la lumière d’hiver redevient peu à peu printanière que le poète est allé au terme de son effacement. Douze ans que l’on guettait le moindre signe de lui : des nouvelles parfois nous parvenaient données par des gens de passage, ou cette carte collée depuis au-dessus du bureau sur laquelle le vieil homme nous adressait ses « vœux un peu tremblotants » et se disait « plutôt démuni et réduit au silence – sans m’en désoler mais sans plaisir, bien sûr » (juste et honnête jusque dans ce format terrible de la carte postale qui, surtout exhibée ainsi et encadrée de noir, a tout de suite des allures funèbres), ou encore un entretien accordé à tel ou tel journal plus ou moins local, quelques lignes à l’occasion de l’édition de ses Œuvres en Pléiade ou de la publication de quelques « notes sauvegardées », mais plus un vers, presque plus rien en vérité depuis ce beau Chemin de terre qu’on relisait de temps à autre. Puis la nouvelle tombe : Philippe Jaccottet est mort – et deux courts livres sont annoncés, qu’on recevra en Mars…


La liste des disparus mécaniquement s’allonge et l’on s’inquiète car, comme disait un autre poète, « il est plus que temps aujourd’hui de vivre » – ou bien « c’est la fin qui nous passe le goût de jouer au plus fin… »