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ENTRE DEUX MURS

  

 

De part et d'autre de la route, un mur de neige. Hier à cet endroit, je suis tombé sur un troupeau d’une vingtaine de sangliers. Serrés les uns contre les autres ils formaient une sorte de cercle, comme pour se protéger de l'averse de neige. 

Paysage irréel. Personne. Seulement le va-et-vient des chasse-neige. On peine cependant à rester à la hauteur du paysage, de l’événement : la route habituelle ensevelie. L'attention s'égare. On y revient. Dans les maisons des gens dorment encore, ignorant sans doute à quel point ils sont cernés par la neige. Voici une fenêtre éclairée : on jette un œil à la fenêtre, on ne dit rien... 

J’avance, presque déçu de constater que la route est finalement tout à fait praticable, et que je suis parti trop tôt en espérant une avancée plus lente. Je laisse les voitures me dépasser. Je suis de nouveau seul dans ce paysage de neige.

On a beau y voir parfaitement, à la lueur jaune des lampadaires il semblerait que la vision se brouille ou qu’on est pris par une sorte de torpeur ou de grande fatigue.

 

9 décembre 2012