Routeseptembre201502 

 

De retour sur la route aux premiers jours de septembre, tout semble assez neuf et lumineux pour que spontanément s'allument les flammèches d'un poème. Je me dis que j’ai assez raconté, que c’en est fini de la prose ! Je me dis cela de temps en temps, ce qui montre à quel point le poème reste l’horizon de toute cette masse de prose accumulée ; en général, faute de travail, faute de temps pour travailler mais aussi de goût assez prononcé pour peaufiner après coup la langue comme on revient sur une esquisse pour en faire un tableau, je n’atteins pas au poème, les barrières que j'avais cru lever s'abaissent et je reviens vite à la prose, n'ayant livré que des lambeaux, des bribes, des « traces »; il me semble cependant (le recul manque encore) que ce mois-ci plus que d'habitude le fil a tenu bon, et que jamais ces trajets ordinaires n'ont été aussi près du poème…